La Corée du Nord et la Belgique ont désormais un point en commun. Ils sont les deux seuls pays du monde à n’avoir pas retransmis le discours inaugural du 47ème président des Etats-Unis en direct sur leur chaine de télévision. Pas vraiment une surprise pour la Corée du Nord, quand on sait les relations glaciales qu’entretiennent les deux pays depuis la guerre de Corée en 1950 et la méfiance du régime dictatorial communiste à l’endroit des USA et de l’occident, mais la Belgique ? Quelle mouche l’a piquée ?

La Belgique, cette royauté qui s’affiche fièrement comme l’endroit où « Le droit à la liberté d’expression est un droit fondamental, garanti par la Constitution belge…Ce droit comprend la liberté d’avoir sa propre opinion et de rechercher, recevoir et communiquer des informations par quelque moyen d’expression que ce soit et sans ingérence. »*.

« Sans ingérence », vraiment ?

Ce lundi 20 janvier, la RTBF (radio-télévision belge de la Communauté française) a diffusé le discours inaugural de Trump avec un retard volontaire de deux minutes. La raison ; « Nous avons constaté à plusieurs reprises que Donald Trump a tenu des propos racistes, d’extrême-droite, xénophobes et d’incitation à la haine. Nous avons décidé de diffuser son discours en léger différé pour prendre le temps de l’analyse », justifie Aurélie Didier, directrice éditoriale de l’information de la chaîne. Et d’ajouter : « C’est une pratique que nous appliquons déjà depuis de nombreuses années et que nous appelons le cordon sanitaire médiatique ». Reconnaitre une « ingérence » serait plus juste. Moins politiquement correct et contraire aux principes constitutionnels, mais plus juste et plus honnête surtout.

Qui sont-ils « ces gens » pour considérer que les téléspectateurs belges sont à ce point stupides, qu’ils seraient incapables par eux-mêmes de se forger leur propre opinion ? Qu’ils seraient inaptes à distinguer ce qui relève de « propos xénophobes et d’incitations à la haine » – fût-il prouvé qu’ils existent ? – du reste du discours, qui relèverait, lui, de l’information qui peut être partagée « sans filtre » ? 

La notion de « cordon sanitaire médiatique » est une blague, une grossière manipulation politique qui ne dit pas son nom : La censure. Elle illustre la volonté d’une pseudo-élite d’imposer, par tout moyen, sa « bien-pensance », son idéologie sectaire. 

Cette « élite » n’a en réalité rien compris. Elle ne fait rien d’autre que d’alimenter la fracture. Ce n’est pas en infantilisant, qu’on éveille les esprits. Ce n’est pas en travestissant la vérité, qu’on cultive la confiance. Ce n’est pas en censurant qu’on fait triompher ses idées, mais en éduquant. 

La transparence et la diversité d’opinions sont les poumons d’une démocratie qui se respecte.

*source : diplomatie.belgium.be 


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